Investir

Investir en cryptomonnaie : fonctionnement, risques et fiscalité

Amandin Quella-Guyot
Par Amandin Quella-Guyot, courtier en assurance
Publié le
Petit personnage examinant à la loupe une pièce numérique hexagonale reliée à une chaîne de cubes
Sommaire

    Investir en cryptomonnaie consiste à acheter des actifs numériques, comme le bitcoin ou l'ether, auprès d'une plateforme autorisée, puis à les conserver en espérant une hausse de leur valeur. C'est un placement très volatil, sans garantie, qui peut entraîner la perte totale de la somme investie. Avant de vous lancer, il faut comprendre le fonctionnement de la blockchain, les règles européennes issues du règlement MiCA et la fiscalité française des plus-values.

    Si vous découvrez l'univers des cryptos, vous avez peut-être du mal à comprendre de quoi il s'agit exactement, et encore plus à savoir comment y placer de l'argent. Ce guide couvre les bases, sans jargon inutile : ce qu'est une cryptomonnaie, comment fonctionne la blockchain, quels sont les risques, où et comment acheter, et comment déclarer vos gains.

    La technologie des cryptos est complexe, bien trop pour être expliquée en détail dans un seul article. L'objectif ici est de vous donner les notions essentielles pour comprendre cet univers et prendre vos décisions en connaissance de cause.

    Avertissement : tout investissement comporte un risque de perte en capital. Pour les cryptoactifs, ce risque va jusqu'à la perte totale de la somme investie. N'investissez que de l'argent dont vous n'aurez pas besoin et que vous acceptez de perdre. Cet article est informatif et ne constitue pas un conseil en investissement.

    Qu'est-ce qu'une cryptomonnaie ?

    Avant de placer de l'argent dans les cryptos, comme dans n'importe quel autre placement, il faut comprendre dans quoi vous investissez. C'est un peu comme refaire l'électricité chez soi : mieux vaut savoir ce que l'on fait avant de commencer.

    Une cryptomonnaie, ou cryptoactif, est un actif numérique qui circule directement entre utilisateurs, de pair à pair (« peer-to-peer »), sans passer par une banque. Elle n'existe que sous forme électronique : ce n'est pas une monnaie physique comme les pièces et billets en euros.

    Sa particularité principale : elle n'est émise ni contrôlée par aucun État ni aucune banque centrale. C'est la grande différence avec l'euro ou le dollar. L'idée fondatrice est de supprimer l'intermédiaire de confiance (la banque, l'État) et de le remplacer par un système informatique partagé entre tous les utilisateurs.

    Vous entendrez aussi parler de « cryptoactifs » ou d'« actifs numériques ». Ces termes sont plus larges, mais désignent pour l'essentiel la même chose : la réglementation française et européenne les utilise de préférence à « cryptomonnaie ».

    En théorie, certaines cryptomonnaies peuvent servir à payer des biens et des services. En pratique, leur usage comme moyen de paiement reste marginal. La plupart des particuliers les achètent plutôt comme un actif spéculatif, un peu comme on achèterait des actions, en espérant les revendre plus cher. Il y a pourtant une différence de fond : une action donne droit à une part des bénéfices d'une entreprise, alors que la valeur d'une cryptomonnaie ne repose sur aucun revenu (pas de loyer, pas de dividende). Elle dépend uniquement de l'offre et de la demande.

    L'exemple du bitcoin

    Le bitcoin, lancé en 2009, est la première cryptomonnaie et la plus connue. Il a été créé en réaction à certains défauts reprochés au système bancaire classique : délais de certains virements, frais, pouvoir concentré entre les mains des banques.

    Son créateur, connu sous le pseudonyme de Satoshi Nakamoto, n'a jamais été formellement identifié : on ne sait toujours pas s'il s'agit d'une personne ou d'un groupe. Dans le texte fondateur du bitcoin, il décrit un système de paiement électronique reposant sur une preuve cryptographique plutôt que sur la confiance, permettant à deux parties d'échanger directement sans tiers de confiance.

    Autrement dit : plutôt que de faire confiance à une banque pour enregistrer vos transactions, on fait confiance à un système informatique partagé. Une objection vient naturellement : avec les virus et le piratage, pourquoi faire confiance à des ordinateurs plutôt qu'à une banque ? C'est là qu'intervient la blockchain.

    Comment fonctionne la blockchain ?

    Difficile de parler de crypto sans parler de blockchain. C'est la technologie qui fait exister les cryptomonnaies, le cœur de tout cet univers. Son principe est à la fois simple et complexe.

    L'image la plus souvent utilisée est celle d'un grand registre, un peu comme un immense tableau dans lequel on noterait chaque opération. Ce registre est formé de blocs, comme son nom l'indique : chaque bloc regroupe un lot de transactions, et chaque nouveau bloc est relié au précédent. Bloc après bloc, on obtient une chaîne qui retrace l'historique de toutes les transactions passées sur le réseau, dans l'ordre chronologique.

    Ce registre présente trois caractéristiques essentielles :

    • Il est décentralisé : il n'y a pas de centre de données unique. Des copies du registre sont conservées sur des milliers d'ordinateurs et de serveurs dans le monde. Aucune personne ni institution ne le contrôle seule.
    • Il n'y a pas d'intermédiaire : aucune banque ne décide de valider ou non votre transaction. La validation est assurée collectivement par le réseau, selon des règles informatiques.
    • Il est pratiquement impossible à modifier : une fois qu'une transaction est validée et inscrite, elle ne peut plus être annulée ni modifiée. L'objectif est que l'information puisse être enregistrée et partagée, mais pas réécrite. Conséquence pratique : une erreur d'adresse lors d'un envoi est en général définitive.

    En résumé, dans ce système, la blockchain fait foi de qui possède quoi à un moment donné. Tous les participants disposent de la même version du registre, et tout le monde peut la consulter.

    Il n'existe pas une seule blockchain, mais de nombreuses. Le bitcoin et l'ether, par exemple, ne fonctionnent pas sur la même. Certaines cryptomonnaies ont leur propre blockchain, d'autres sont des jetons émis sur une blockchain existante.

    La validation des transactions repose sur des mécanismes techniques. Le plus connu est le minage (« mining »), utilisé par le bitcoin : des ordinateurs effectuent des calculs pour valider les blocs et sont rémunérés en cryptomonnaie. D'autres blockchains, comme Ethereum, utilisent la preuve d'enjeu : les validateurs immobilisent des jetons pour participer. Il n'est pas nécessaire de maîtriser ces mécanismes pour comprendre l'investissement.

    Enfin, la blockchain ne sert pas qu'aux paiements. Elle peut en théorie enregistrer d'autres types de données : titres de propriété, certificats, contrats automatisés (« smart contracts »)… De nombreux projets travaillent sur ces usages, avec des succès variables.

    Anonymat : qui peut voir vos transactions ?

    Si tout le monde peut consulter le registre, on peut s'inquiéter de voir ses avoirs exposés. En réalité, les comptes sur la blockchain sont identifiés par des adresses, de longues suites de caractères qui ne donnent pas directement le nom de leur propriétaire. On parle de « pseudonymat » plutôt que d'anonymat.

    Exemple : vous envoyez 0,0003 bitcoin à une amie. Pour simplifier, imaginons que votre adresse soit « FKF » et la sienne « YHE ». Vous savez tous les deux qui a envoyé quoi à qui. Les autres utilisateurs voient seulement que FKF a envoyé 0,0003 BTC à YHE. En revanche, votre amie connaît désormais votre adresse et peut consulter toutes les opérations qui y sont associées. C'est pourquoi un portefeuille peut utiliser plusieurs adresses, et certains utilisateurs se servent de portefeuilles différents selon leurs usages.

    En pratique, l'anonymat est encore plus limité si vous passez par une plateforme. Celle-ci vérifie votre identité (pièce d'identité, justificatif de domicile) au titre de la lutte contre le blanchiment. Elle ne publie évidemment pas vos avoirs, mais elle sait qui vous êtes. Depuis le 1er janvier 2026, en application de la directive européenne DAC8, les prestataires collectent aussi des informations sur les opérations de leurs clients, qu'ils transmettront à l'administration fiscale à partir de 2027. Mieux vaut donc partir du principe que vos opérations sont connues du fisc.

    Dans quelles cryptomonnaies investir ?

    C'est souvent la première question : investir, d'accord, mais dans quoi ? Il existe des milliers de cryptomonnaies, et de nouvelles apparaissent chaque jour.

    Une mauvaise nouvelle d'abord : personne ne peut vous dire quelle crypto va monter. Ni un influenceur, ni un forum, ni un proche qui affirme connaître « la » crypto qui va exploser. Méfiez-vous de toute promesse de ce type. Investissez dans ce que vous comprenez, selon votre propre analyse, jamais parce que quelqu'un vous presse de le faire.

    Ce qu'il est possible de faire, c'est vous présenter les grandes familles pour vous aider à choisir et à mesurer les risques.

    FamilleExemplesCe qu'il faut savoir
    BitcoinBTCLa plus ancienne et la plus importante en capitalisation. Reste très volatile.
    Plateformes de contrats intelligentsEther (ETH)Servent de base à des applications, à la finance décentralisée et à d'autres jetons.
    StablecoinsUSDC, EURC…Conçus pour suivre une monnaie comme le dollar ou l'euro. Leur stabilité dépend de l'émetteur et des réserves.
    Autres cryptos (« altcoins »)Des milliers de projetsQualité très inégale ; beaucoup disparaissent ou perdent l'essentiel de leur valeur.
    Memecoins et « shitcoins »Jetons créés autour d'une modeValeur purement spéculative ; terrain privilégié des manipulations et arnaques.

    Bitcoin et ether, les deux plus grandes

    Le bitcoin n'est plus seul sur le marché, mais il reste de loin la cryptomonnaie la plus importante en capitalisation (le « market cap », c'est-à-dire la valeur totale de toutes les unités en circulation). C'est aussi la plus connue et la plus échangée.

    La deuxième est l'ether, la cryptomonnaie de la plateforme Ethereum, sur laquelle fonctionnent de nombreuses applications et d'autres jetons.

    Personne ne peut vous dire dans quoi investir. De nombreux acteurs du secteur considèrent toutefois que, pour débuter, il est plus prudent de s'en tenir aux plus grandes cryptomonnaies, comme le bitcoin et l'ether, plutôt que de se disperser dans des projets peu connus. Même ces deux actifs restent très volatils et peuvent perdre une grande partie de leur valeur. Certaines plateformes, comme Coinhouse, proposent des allocations types selon le niveau de risque accepté, ce qui peut aider à savoir par où commencer.

    Au-delà du bitcoin et de l'ether

    Au-delà, on trouve un univers très vaste, où le meilleur côtoie le pire. Quelques termes à connaître :

    • Altcoins : toutes les cryptomonnaies autres que le bitcoin. Certaines reposent sur des projets sérieux, beaucoup non.
    • Stablecoins : jetons conçus pour garder une valeur stable, adossés en général à une monnaie officielle et à des réserves. Le règlement européen MiCA encadre désormais ceux qui sont émis ou proposés dans l'Union. Un stablecoin n'est pas pour autant un compte bancaire : il n'est pas couvert par la garantie des dépôts.
    • Memecoins et shitcoins : jetons sans utilité réelle, créés autour d'une mode ou d'une blague. On entend parler de personnes devenues riches du jour au lendemain, mais c'est très loin d'être le cas de la majorité des acheteurs. Ils sont à éviter si vous voulez investir sérieusement.

    Si vous voulez diversifier au-delà du bitcoin et de l'ether, le principe est le même qu'en bourse : n'investissez pas au hasard. Posez-vous quelques questions : à quoi sert ce projet ? Qui le porte ? Depuis combien de temps existe-t-il ? Pouvez-vous expliquer en deux phrases pourquoi il aurait de la valeur ? Si la réponse est non, abstenez-vous.

    Comment peut-on gagner (ou perdre) de l'argent avec les cryptos ?

    Il existe deux grandes façons de chercher à gagner de l'argent avec les cryptomonnaies :

    • La plus-value : vous achetez une crypto en espérant qu'elle prenne de la valeur, puis vous la revendez plus cher. C'est la logique de l'investissement à long terme. Dans le jargon, on parle de « HODL », déformation de l'anglais « hold » (conserver), pour désigner le fait d'acheter et de garder longtemps. Ce guide ne traite pas du trading, qui consiste à acheter et revendre fréquemment pour chercher des gains rapides, une pratique beaucoup plus risquée.
    • Le staking : sur les blockchains à preuve d'enjeu, vous immobilisez vos jetons pour participer à la validation des transactions, en échange d'une rémunération versée en cryptos. Selon les cas, vous pouvez récupérer vos jetons à tout moment ou ils sont bloqués pendant une durée donnée. Il faut bien sûr d'abord acheter la crypto concernée. La rémunération annoncée n'est pas garantie, et la valeur des jetons stakés peut baisser.

    Dans les deux cas, les pertes sont tout aussi possibles que les gains. Le cours d'une cryptomonnaie peut perdre une grande partie de sa valeur en quelques jours, et plusieurs plateformes ont déjà fait faillite en bloquant les avoirs de leurs clients. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures.

    Investir en crypto, est-ce risqué ?

    Oui. Comparé aux autres placements accessibles aux particuliers, l'investissement en crypto est considéré comme très risqué. Cela ne veut pas dire qu'il faut l'éviter à tout prix, mais qu'il faut le comprendre et dimensionner sa mise en conséquence. Les principaux risques :

    • La volatilité : des variations de plusieurs dizaines de pourcents sur quelques semaines sont fréquentes, à la hausse comme à la baisse.
    • La perte totale : un projet peut disparaître, une plateforme faire faillite, un portefeuille être piraté.
    • Les arnaques : faux sites de trading, promesses de rendement garanti, « coachs » sur les réseaux sociaux, faux conseillers qui vous contactent par téléphone. Une promesse de gain élevé et sans risque est toujours un signal d'alerte.
    • L'erreur de manipulation : une crypto envoyée à une mauvaise adresse, ou des codes d'accès perdus, sont en général irrécupérables.
    • L'évolution de la réglementation : l'écosystème est récent. L'Union européenne l'encadre désormais avec le règlement MiCA, mais les règles fiscales et réglementaires continuent d'évoluer, en France comme ailleurs.

    L'Autorité des marchés financiers (AMF) publie régulièrement des listes noires de sites et d'acteurs non autorisés. Consultez-les avant de confier de l'argent à qui que ce soit.

    Est-ce une bonne idée pour vous ?

    Cela dépend de votre situation, pas d'une tendance du moment. Deux points à vérifier avant tout :

    • Les cryptos doivent s'intégrer dans une stratégie diversifiée, avec d'autres placements (fonds en euros, actions, immobilier), et non représenter la totalité de votre épargne. Pour vous faire une idée des possibilités, voyez par exemple comment investir 10 000 euros.
    • Votre situation financière doit vous permettre d'investir. Si vous traversez une période difficile et que vous êtes seulement attiré par la perspective de gains rapides, ce n'est probablement pas le bon moment. N'investissez que l'argent que vous pouvez vous permettre de perdre.

    Comme pour tout placement, mais encore plus dans un univers où les arnaques abondent, ne vous fiez jamais aux promesses de gains sûrs ou faciles.

    Qu'a changé le règlement MiCA pour les plateformes ?

    Le règlement européen MiCA (Markets in Crypto-Assets) encadre les prestataires de services sur cryptoactifs dans toute l'Union européenne. En France, il a remplacé l'ancien régime des PSAN (prestataires de services sur actifs numériques), issu de la loi Pacte, qui reposait sur un simple enregistrement auprès de l'AMF.

    La période de transition s'est achevée le 1er juillet 2026. Depuis cette date, seuls les prestataires de services sur cryptoactifs (PSCA, ou CASP en anglais) agréés au titre de MiCA peuvent proposer leurs services en France. Un ancien enregistrement PSAN ne suffit plus.

    Ce que cela change pour vous :

    • Avant d'ouvrir un compte, vérifiez que la plateforme figure sur la liste blanche de l'AMF, soit avec un agrément français, soit avec un agrément obtenu dans un autre pays de l'Union et « passeporté » en France. Le registre européen de l'ESMA recense aussi les prestataires agréés.
    • Si une plateforme que vous utilisez a cessé ses services en France, elle doit vous permettre de récupérer vos cryptoactifs : vous pouvez les transférer vers un prestataire autorisé ou les vendre.
    • Un agrément ne garantit ni la valeur des cryptos ni l'absence de pertes : il impose des règles d'organisation, de conservation des avoirs et d'information aux prestataires.

    Le statut d'une plateforme peut changer : vérifiez-le vous-même le jour où vous ouvrez un compte, même pour les plateformes présentées ci-dessous.

    Comment investir en cryptomonnaie ?

    Passons au concret. Avant d'acheter quoi que ce soit, quelques règles de prudence :

    • Ne placez pas toutes vos économies en cryptos, et encore moins sur une ou deux cryptos seulement. Beaucoup de professionnels suggèrent de limiter ce type d'actif à une petite part du patrimoine, souvent quelques pourcents, mais la bonne proportion dépend de votre situation.
    • Constituez d'abord une épargne de précaution, c'est-à-dire une somme disponible sur un placement sûr, pour faire face à un imprévu sans devoir vendre vos cryptos au mauvais moment.
    • Fixez votre stratégie à l'avance : combien vous comptez investir, à quel rythme, sur quels actifs. Investir une somme régulière chaque mois, plutôt qu'un montant important d'un coup, évite de dépendre du moment d'achat. Cela ne supprime pas le risque.

    Les différentes façons d'acheter des cryptos

    Il existe plusieurs façons d'investir en crypto :

    • une plateforme spécialisée ou un courtier crypto : interface simplifiée, pensée pour les débutants ;
    • une plateforme d'échange (« exchange ») : large choix de cryptos et d'options, interface plus technique ;
    • une banque ou une néobanque qui propose l'achat de cryptos depuis son application, comme Revolut. Vérifiez si vous pouvez retirer vos cryptos vers votre propre portefeuille ou seulement les revendre, et contrôlez le statut MiCA du service ;
    • un portefeuille personnel (« wallet ») : logiciel connecté à Internet (« hot wallet ») ou appareil physique hors ligne (« cold wallet »). Vous conservez vous-même vos clés d'accès.

    Quand on débute, mieux vaut privilégier des acteurs connus et autorisés, plutôt que des plateformes obscures, qui peuvent être mal sécurisées ou purement frauduleuses.

    Les étapes pour acheter vos premières cryptos

    1. Choisir un prestataire agréé (liste blanche de l'AMF) et comparer ses frais : frais d'achat et de vente, écart de prix, frais de dépôt et de retrait.
    2. Ouvrir un compte et faire vérifier votre identité.
    3. Activer la double authentification et utiliser un mot de passe unique.
    4. Alimenter votre compte par virement depuis votre banque.
    5. Acheter la ou les cryptos choisies, de préférence pour un montant limité au départ.
    6. Décider où conserver vos cryptos : sur la plateforme ou dans un portefeuille personnel.
    7. Conserver l'historique de toutes vos opérations, indispensable pour vos impôts.

    Pour le cas particulier du bitcoin, vous pouvez aussi lire notre guide pour acheter des bitcoins.

    Les plateformes spécialisées : Coinhouse

    Parmi les plateformes pensées pour les débutants, Coinhouse est une plateforme française qui cherche à rendre l'investissement en crypto accessible. Son interface est volontairement simple, sans la multitude de graphiques et d'options des plateformes de trading. Elle propose aussi des contenus pédagogiques et un accompagnement, ce qui peut rassurer quand on se lance.

    D'après la liste blanche de l'AMF, Coinhouse SAS est agréée PSCA au titre de MiCA depuis le 7 mai 2026 (agrément n° A2026-013), notamment pour la conservation de cryptoactifs, leur échange contre des euros ou d'autres cryptos, le conseil et la gestion de portefeuille.

    En contrepartie de cette simplicité, ses frais sont généralement plus élevés que ceux des grandes plateformes d'échange, et le choix de cryptos est plus restreint. Elle convient mieux à un investissement simple et progressif sur le long terme qu'au trading. Comparez sa grille tarifaire avec d'autres acteurs avant de choisir : tout dépend si vous privilégiez la simplicité ou une offre plus complète.

    Les plateformes d'échange : Coinbase et Binance

    Coinbase est l'une des plateformes d'échange les plus connues au monde. Elle permet d'acheter, de vendre et d'échanger de nombreuses cryptomonnaies, avec une interface simple et une version plus avancée pour les utilisateurs expérimentés. Elle est généralement considérée comme plus accessible aux débutants que les exchanges les plus techniques. Les critiques des utilisateurs portent surtout sur le service client et sur le niveau des frais pour les achats simplifiés.

    Selon la liste blanche de l'AMF, Coinbase Luxembourg S.A. est agréée MiCA au Luxembourg et autorisée à fournir ses services en France en libre prestation de services (passeport européen).

    Binance, créée en 2017, est l'une des plus grandes plateformes d'échange au monde par les volumes. Elle propose plusieurs centaines de cryptomonnaies, des frais de transaction compétitifs et de nombreux services (staking, produits avancés), avec une interface plus complexe que celle de Coinhouse ou de Coinbase, y compris dans sa version simplifiée.

    Attention : Binance a annoncé en juin 2026 ne pas avoir obtenu d'agrément MiCA avant la fin de la période transitoire. Selon cette annonce, relayée par la presse spécialisée, Binance France n'accepte plus de nouveaux utilisateurs depuis le 1er juillet 2026, et ses services sont progressivement limités pour les clients existants, qui peuvent réduire leurs positions et retirer leurs avoirs. Si vous détenez un compte Binance, vérifiez sa situation sur la liste blanche de l'AMF et organisez si besoin le transfert de vos cryptos vers un prestataire agréé ou vers votre propre portefeuille.

    Conserver ses cryptos dans un portefeuille physique

    Laisser ses cryptos sur une plateforme est simple, mais vous dépendez alors de sa solidité. Une alternative consiste à les conserver dans un portefeuille physique (« cold wallet »), un petit appareil qui garde vos clés hors ligne. Ledger, entreprise française, est l'un des fabricants les plus connus.

    Vous devenez alors seul responsable de vos avoirs : si vous perdez l'appareil et votre phrase de récupération (la liste de mots qui permet de restaurer le portefeuille), vos cryptos sont perdues. Ne communiquez jamais cette phrase à personne, ni par téléphone, ni sur un site : aucun fabricant ni aucune plateforme ne vous la demandera. Achetez l'appareil directement auprès du fabricant ou d'un revendeur officiel.

    Comment sont imposés les gains en cryptomonnaie ?

    En cryptomonnaie comme ailleurs, impossible d'échapper aux impôts si vous voulez investir en toute légalité. Les plus-values réalisées par un particulier lors de la vente de cryptoactifs relèvent d'un régime spécifique. Voici les règles en vigueur, selon impots.gouv.fr.

    SituationTraitement fiscal
    Achat et conservation de cryptosPas d'imposition tant que vous ne vendez pas
    Échange d'une crypto contre une autre (y compris un stablecoin), sans soulteSursis d'imposition : pas d'impôt immédiat
    Vente contre euros ou achat d'un bien ou service, total des cessions de l'année ≤ 305 €Exonération
    Total des cessions de l'année > 305 €Plus-value imposée au prélèvement forfaitaire unique (PFU) de 31,4 % : 12,8 % d'impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux
    Option pour le barème progressifPossible (case 3CN), globale et irrévocable pour l'année
    Moins-valueImputable uniquement sur les plus-values de même nature de la même année, sans report

    Deux principes à retenir :

    • Vous ne payez pas d'impôt tant que vous ne convertissez pas vos cryptos en monnaie officielle (euro, dollar…) ou que vous ne les utilisez pas pour payer un bien ou un service.
    • Les échanges entre cryptos ne sont pas imposés sur le moment, y compris vers un stablecoin. Exemple : si vous échangez l'équivalent de 100 € de bitcoin contre 100 € d'un stablecoin indexé sur l'euro, il n'y a pas d'imposition à ce stade. L'impôt interviendra lors de la conversion en euros.

    Attention : le seuil de 305 € porte sur le total des prix de vente de l'année, et non sur le montant de la plus-value. Si vous vendez pour 400 € de cryptos dans l'année, même avec un gain de 20 €, ce gain est imposable.

    Le calcul de la plus-value est la partie la plus délicate. Il ne se fait pas crypto par crypto : il tient compte de la valeur globale de votre portefeuille au moment de chaque vente et du prix total d'acquisition. Il devient vite complexe dès que les opérations se multiplient. Conservez donc tous vos relevés d'achat et de vente.

    Exemple simplifié : vous avez acheté pour 1 000 € de cryptos au total. Votre portefeuille vaut 2 000 € et vous en vendez 500 €. La plus-value imposable est égale au prix de vente (500 €) diminué de la part du prix d'acquisition correspondant à cette vente : 1 000 € × 500 / 2 000 = 250 €. La plus-value est donc de 500 − 250 = 250 €, imposée à 31,4 %, soit environ 78,50 €.

    Des services en ligne aident à faire ces calculs. Waltio, par exemple, importe l'historique de vos opérations depuis vos plateformes et portefeuilles, calcule vos plus-values selon la méthode française et prépare les formulaires à reporter sur votre déclaration. Vérifiez toujours les montants avant de les déclarer : vous restez responsable de votre déclaration.

    Quelles déclarations faire ?

    • Déclarez vos plus ou moins-values sur le formulaire n° 2086 ; le résultat est reporté en case 3AN (plus-value) ou 3BN (moins-value) de la déclaration 2042-C.
    • Déclarez chaque compte ouvert auprès d'une plateforme établie à l'étranger : en ligne en fin de déclaration, ou sur l'imprimé n° 3916-bis en version papier, même si vous n'avez rien vendu.
    • Les revenus de staking et les activités très régulières (trading professionnel, minage) peuvent relever d'autres régimes. En cas de doute, renseignez-vous auprès de votre service des impôts ou d'un professionnel.

    Questions fréquentes

    Peut-on perdre plus que ce que l'on a investi en cryptos ?

    Avec un simple achat au comptant, votre perte est limitée à la somme investie, qui peut toutefois être perdue en totalité. Avec des produits à effet de levier ou des dérivés, les pertes peuvent être plus rapides et plus lourdes : ils sont déconseillés aux débutants.

    Combien faut-il pour commencer ?

    La plupart des plateformes permettent d'acheter une fraction de crypto pour quelques euros. Le bon montant n'est pas un minimum technique, mais la somme que vous pouvez vous permettre de perdre sans conséquence sur votre budget.

    Comment savoir si une plateforme est autorisée en France ?

    Consultez la liste blanche des prestataires de services sur cryptoactifs sur le site de l'AMF, qui recense les agréments français et les prestataires agréés dans un autre pays de l'Union. Vérifiez aussi la liste noire de l'AMF. Depuis le 1er juillet 2026, un ancien enregistrement PSAN ne suffit plus.

    Dois-je payer des impôts si je n'ai rien revendu ?

    Non. Tant que vous conservez vos cryptos ou que vous les échangez contre d'autres cryptos sans soulte, il n'y a pas d'imposition. En revanche, un compte ouvert sur une plateforme étrangère doit être déclaré chaque année, même sans vente.

    Les cryptos sont-elles garanties en cas de faillite de la plateforme ?

    Il n'existe pas de garantie publique comparable à celle des dépôts bancaires. MiCA impose aux prestataires agréés de séparer les avoirs de leurs clients des leurs, ce qui limite le risque sans le supprimer. Conserver ses cryptos dans un portefeuille personnel réduit la dépendance à une plateforme, mais vous rend seul responsable de vos clés.

    Si vous débutez et cherchez une approche plus diversifiée et moins risquée, découvrez aussi les trackers (ETF), qui permettent d'investir dans des centaines d'entreprises en une seule fois.

    Cet article contient des liens partenaires. S'ils vous servent, je peux toucher une commission, sans surcoût pour vous. Ça ne change ni mon classement ni mon avis. Comment je gagne de l'argent

    Cet article vous a-t-il aidé ?
    Sources et méthode

    Comment cet article est rédigé

    Je rédige chaque article à partir de ma propre pratique, puis je vérifie les chiffres auprès de sources officielles. Je mets à jour les guides au moins une fois par an, et dès qu'une règle change. Ma méthode en détail

    Historique

    • Publication.

    Comment je gagne de l'argent

    PilotMoney est financé par des liens partenaires. Je ne recommande que des services que je conseillerais à un proche, et aucun partenaire ne relit mes articles avant publication.

    Amandin Quella-Guyot
    Écrit par

    Amandin Quella-Guyot

    Fondateur de PilotMoney · Courtier en assurance

    Je m'intéresse aux finances personnelles depuis plus de 15 ans. Sur PilotMoney, je partage ce que j'applique moi-même pour gagner plus, tenir mon budget et investir sans prendre de risques inutiles.

    ✓ Courtier en assurance ✓ 15 ans d'expérience

    Une question ? Posez-la en commentaire

    Je réponds personnellement aux commentaires.

    Laisser un commentaire