Le plan d'épargne retraite (PER) est un placement de long terme, bloqué en principe jusqu'à la retraite, dont les versements volontaires peuvent être déduits de votre revenu imposable. En 2026, cette déduction est limitée à 10 % des revenus professionnels de 2025 (37 680 € au maximum pour un salarié) et ne concerne plus les versements effectués après 70 ans. Son intérêt dépend surtout de votre taux d'imposition aujourd'hui et de celui que vous aurez à la retraite.
Préparer sa retraite paraît souvent lointain. On entend davantage parler de cryptomonnaies ou d'actions qui s'envolent que d'épargne retraite, et le PER n'a pas la réputation d'être le placement le plus attrayant. Il reste pourtant un produit à connaître, quel que soit votre âge, parce qu'il est l'un des rares à offrir un avantage fiscal immédiat. Comme tout placement, il a aussi des inconvénients qu'il vaut mieux connaître avant de signer.
Ce guide présente le fonctionnement du PER, ses trois versions, ses frais, sa fiscalité à l'entrée et à la sortie, la comparaison avec l'assurance-vie et les critères pour choisir un contrat, avec quelques contrats distribués en ligne à examiner.
Qu'est-ce que le PER, exactement ?
Le PER (plan d'épargne retraite) est un produit d'épargne créé par la loi Pacte de 2019. Son but est simple, comme son nom l'indique : vous permettre d'épargner pendant votre vie active pour disposer d'un complément de revenus une fois à la retraite. L'argent placé a le temps de fructifier pendant des années, puis vous le récupérez au moment de votre départ.
Avant le PER, il existait plusieurs produits d'épargne retraite aux règles différentes et aux noms peu parlants. Le PER les remplace et harmonise leurs règles :
| Ancien produit | Pour qui | Remplacé par |
|---|---|---|
| Perp | Tout épargnant | PER individuel |
| Contrat Madelin | Travailleurs indépendants | PER individuel |
| Perco | Salariés, via l'entreprise | PER d'entreprise collectif |
| Contrat « article 83 » | Salariés, via l'entreprise (souvent les cadres) | PER d'entreprise obligatoire |
Bon à savoir : ces anciens produits ne peuvent plus être souscrits. Si vous en détenez un, vous pouvez soit le conserver tel quel, soit le transférer vers un nouveau PER pour profiter de ses règles, notamment la possibilité de sortir en capital.
Cette réforme visait aussi à encourager les Français à épargner pour leur retraite, alors que leur placement préféré reste l'assurance-vie. Nous comparons les deux produits plus bas.
Quels sont les trois types de PER ?
Il existe aujourd'hui trois PER, qui obéissent à des règles communes mais ne s'ouvrent pas de la même façon : le PER individuel, le PER d'entreprise collectif et le PER d'entreprise obligatoire.
1. Le PER individuel (PERIN)
Le PER individuel n'est pas proposé par une entreprise, contrairement aux deux autres. C'est vous qui décidez de l'ouvrir, qui choisissez le contrat et l'établissement, et qui décidez comment l'alimenter. Votre employeur n'intervient pas.
Il est particulièrement utile aux travailleurs indépendants, qui n'ont pas accès à un PER d'entreprise. Mais il ne leur est pas réservé : un salarié peut aussi avoir intérêt à ouvrir un PER individuel, par exemple si son entreprise ne propose pas de plan, si les frais du plan d'entreprise sont élevés, ou s'il souhaite profiter de la déduction fiscale sur des versements volontaires.
Le principe : vous versez de l'argent pendant votre vie active, puis vous le récupérez au moment de la retraite. Vous pouvez en théorie l'alimenter comme vous le souhaitez, par versements ponctuels ou programmés. En pratique, la plupart des établissements demandent un premier versement minimum ou des versements programmés d'un montant minimal (par exemple quelques dizaines d'euros par mois). Le PER Linxea Spirit PER, par exemple, fixe un montant minimum à l'ouverture, indiqué sur le site du courtier. Si vous ne disposez que d'une petite somme pour commencer, vérifiez ces conditions avant de choisir votre contrat.
Le PER individuel peut prendre deux formes : un contrat d'assurance (PER assurantiel, proposé par les assureurs et les courtiers, de loin le plus répandu) ou un compte-titres (PER bancaire). La différence compte surtout pour le fonds en euros, qui n'existe que dans la version assurance, et pour la transmission en cas de décès.
2. Le PER d'entreprise collectif (PERECO)
Le PER d'entreprise collectif, parfois encore appelé PERCOL, est mis en place par l'employeur. Lorsqu'il existe, il est ouvert à tous les salariés, mais personne n'est obligé d'y adhérer : vous pouvez très bien le refuser et ouvrir un PER individuel à la place, ou détenir les deux.
Vous pouvez alimenter votre PERECO de deux façons :
- en y plaçant les sommes reçues au titre de l'épargne salariale de votre entreprise : primes d'intéressement, de participation, jours de repos non pris issus d'un compte épargne-temps selon les accords ;
- en y faisant des versements volontaires, quand vous le souhaitez.
L'abondement, un complément à ne pas négliger. Certaines entreprises complètent vos versements : c'est l'abondement. Il ne peut pas dépasser le triple de votre propre versement (300 %), ni un plafond annuel fixé à 16 % du plafond annuel de la Sécurité sociale (PASS), soit environ 7 690 € par salarié en 2026. Le règlement du plan peut prévoir des limites plus basses. Exemple : si vous versez 1 000 € et que votre entreprise abonde à 100 %, elle verse elle aussi 1 000 € sur votre PER. Renseignez-vous auprès de votre service des ressources humaines : c'est un complément de rémunération souvent sous-utilisé.
3. Le PER d'entreprise obligatoire (PERO)
Le PER obligatoire est parfois appelé PERCAT, pour « catégoriel ». Il peut être ouvert à tous les salariés ou réservé à certaines catégories, souvent les cadres ou les dirigeants. Contrairement au PER collectif, les salariés concernés sont obligés d'y adhérer. Il reçoit des cotisations obligatoires, financées par l'employeur et parfois par le salarié, et peut aussi recevoir des versements volontaires.
| PER individuel | PER collectif (PERECO) | PER obligatoire (PERO) | |
|---|---|---|---|
| Qui l'ouvre | Vous-même | L'employeur | L'employeur |
| Adhésion | Libre | Facultative, ouverte à tous les salariés | Obligatoire pour les salariés concernés |
| Versements possibles | Volontaires | Volontaires, intéressement, participation, abondement | Cotisations obligatoires, versements volontaires |
| Pour qui | Tout épargnant, notamment les indépendants | Salariés de l'entreprise | Salariés de la catégorie visée |
Comment fonctionne un PER au quotidien ?
Entrons maintenant dans le détail : qui peut ouvrir un PER, où l'argent est placé, quand il peut être récupéré, qui le gère et ce qu'il coûte.
Qui peut ouvrir un PER ?
Il n'existe aucune condition d'âge ni de situation professionnelle pour ouvrir un PER individuel : salarié, indépendant, demandeur d'emploi ou retraité, tout le monde peut en ouvrir un. Il est même possible d'ouvrir un PER au nom d'un enfant mineur, géré par ses représentants légaux. Dans ce cas, renseignez-vous sur le traitement fiscal des versements effectués pour un enfant rattaché à votre foyer, qui obéit à des règles précises de plafond.
Le PER collectif est ouvert à tous les salariés de l'entreprise qui le propose. Seul le PER obligatoire peut être réservé à certaines catégories de salariés : c'est auprès de votre employeur qu'il faut vous renseigner.
Enfin, vous pouvez détenir plusieurs PER, contrairement au PEA qui est limité à un par personne. Le plafond de déduction fiscale reste toutefois commun à tous vos contrats.
Sur quels supports votre argent est-il placé ?
Pour les placements, un PER fonctionne de façon assez proche d'une assurance-vie. Votre épargne est répartie entre deux grandes familles de supports :
- Le fonds en euros (dans les PER assurantiels) : le capital est garanti par l'assureur, ce qui en fait un bon support pour sécuriser une partie de l'épargne. La contrepartie est un rendement modéré. Selon l'ACPR, le taux moyen servi en 2025 sur les supports en euros des contrats individuels a été de 2,63 %, net de frais de gestion et avant prélèvements sociaux. Les rendements passés ne préjugent pas des rendements futurs.
- Les unités de compte : fonds investis en actions ou en obligations, ETF, immobilier (SCPI, SCI), voire capital-investissement selon les contrats. Leur potentiel de rendement est plus élevé, mais leur valeur fluctue et le capital n'est pas garanti.
La façon dont vous répartissez votre argent entre ces supports s'appelle l'allocation. Elle dépend de votre situation personnelle et financière, de vos autres placements, de votre tolérance au risque et du nombre d'années qui vous séparent de la retraite.
En règle générale, plus la retraite est lointaine, plus vous pouvez vous permettre de placer une part importante sur des supports dynamiques, car vous avez le temps de traverser les baisses de marché. À l'approche du départ, on déplace progressivement l'épargne vers des supports plus prudents pour la sécuriser. C'est exactement ce que fait la gestion pilotée « à horizon », prévue par défaut par la loi : l'épargne est investie de façon dynamique au début, puis sécurisée au fil des années. Vous pouvez choisir une autre option si vous le souhaitez.
Quand pouvez-vous récupérer l'argent d'un PER ?
C'est la grande particularité du PER : les sommes versées sont bloquées jusqu'à votre départ à la retraite. Vous les récupérez au plus tôt à la date de liquidation de votre retraite de base, ou à l'âge légal de départ.
La loi prévoit toutefois des cas de déblocage anticipé, communs aux trois PER :
- décès du conjoint ou du partenaire de Pacs ;
- invalidité du titulaire, de ses enfants, de son conjoint ou partenaire de Pacs ;
- affection grave, handicap ou accident grave d'un enfant à charge ;
- situation de surendettement ;
- expiration des droits à l'assurance chômage ;
- cessation d'activité non salariée à la suite d'une liquidation judiciaire ;
- achat de la résidence principale, sauf pour les sommes issues des versements obligatoires.
Et si vous quittez votre entreprise ?
Si vous quittez une entreprise dont le PER contient de l'argent, vous ne pouvez pas le récupérer au moment de votre départ, sauf dans l'un des cas de déblocage anticipé ci-dessus. Vous ne perdez rien pour autant : l'épargne reste sur le plan jusqu'à votre retraite. Vous pouvez aussi la transférer vers un autre PER, par exemple le plan de votre nouvel employeur ou un PER individuel. Le transfert est gratuit après 5 ans de détention ; avant, les frais sont limités à 1 % de l'épargne transférée.
Gestion libre ou gestion pilotée : qui gère votre PER ?
Comme pour l'assurance-vie ou le PEA, deux grands modes de gestion existent :
- La gestion libre. Vous aimez tout contrôler : c'est vous qui choisissez les supports, la répartition de votre épargne et qui modifiez votre allocation à l'approche de la retraite. Cela demande de vous former aux bases de l'investissement et de suivre votre contrat, mais vous évitez les frais de gestion pilotée, qui pèsent sur la durée.
- La gestion pilotée (ou sous mandat). Vous préférez faire confiance à un professionnel : il gère vos placements selon votre profil (prudent, équilibré, dynamique) et la date prévue de votre départ. En échange, vous payez des frais de gestion pilotée, prélevés sur l'épargne.
Plusieurs acteurs en ligne se sont spécialisés dans la gestion pilotée. C'est le cas de Ramify, qui propose une assurance-vie et un PER gérés pour vous, et que nous présentons plus bas. Certains contrats permettent aussi de combiner une partie en gestion libre et une partie en gestion pilotée.
Quels sont les frais d'un PER ?
Tous les PER ne se valent pas, et les frais font partie des critères les plus importants. Ils varient fortement d'un établissement à l'autre et, sur un placement de vingt ou trente ans, leur effet cumulé est considérable. Voici ceux que vous pouvez rencontrer :
| Type de frais | Ce qu'il faut savoir |
|---|---|
| Frais d'adhésion à l'association | Fréquents pour les PER assurantiels, en général quelques dizaines d'euros une seule fois. Pas le critère décisif. |
| Frais sur versement | Prélevés sur chaque versement. Ils peuvent atteindre plusieurs pourcents dans les contrats les plus chargés. De nombreux contrats en ligne n'en facturent pas : à éviter dès que possible. |
| Frais de gestion annuels | Prélevés chaque année sur l'épargne, y compris en gestion libre. Inévitables, mais à choisir les plus bas possible. À ne pas confondre avec les frais de gestion pilotée. |
| Frais de gestion pilotée | S'ajoutent aux frais de gestion si vous déléguez la gestion. |
| Frais des supports | Frais courants des fonds et ETF, indiqués dans leur document d'informations clés. Souvent bas pour les ETF. |
| Frais d'arbitrage | Prélevés quand vous déplacez de l'argent d'un support à l'autre (par exemple des unités de compte vers le fonds en euros). Beaucoup de contrats en ligne n'en facturent pas. |
| Frais de transfert | Limités à 1 % de l'épargne avant 5 ans de détention, gratuits ensuite. |
Exemple chiffré : 10 000 € placés pendant 25 ans avec un rendement brut de 5 % par an deviennent environ 26 660 € si les frais totaux sont de 1 % par an (rendement net de 4 %), mais seulement environ 20 940 € si les frais atteignent 2 % par an (rendement net de 3 %). Un point de frais en plus coûte donc, dans cet exemple, plus de 5 700 €. Ce calcul est une illustration : les rendements réels varient chaque année.
Les distributeurs doivent désormais publier davantage d'informations sur ces frais : nous détaillons ces obligations dans notre article sur la transparence des frais dans les PER.
Comment ouvrir un PER ?
Le PER collectif et le PER obligatoire sont mis en place par votre entreprise : c'est auprès d'elle, ou de l'organisme gestionnaire qu'elle a choisi, que vous vous renseignez et que vous adhérez.
Le PER individuel s'ouvre auprès de nombreux établissements : banques, assureurs, courtiers en ligne, sociétés de gestion. Les étapes sont les suivantes :
- Comparer plusieurs contrats (frais, supports, modes de gestion, minimum de versement).
- Remplir le questionnaire sur votre situation, vos objectifs et votre tolérance au risque.
- Choisir le mode de gestion et, en gestion libre, la répartition entre supports.
- Désigner les bénéficiaires en cas de décès.
- Faire le premier versement, puis éventuellement mettre en place des versements programmés.
Prenez le temps de comparer avant d'accepter le contrat de votre banque habituelle : nous présentons plus bas quelques PER distribués en ligne.
Quelle est la fiscalité du PER ?
Venons-en à l'un des grands atouts du PER : ses avantages fiscaux, autrement dit la possibilité de payer moins d'impôt. La fiscalité du PER dépend toutefois de plusieurs facteurs : le type de versement, le choix de déduire ou non, et le mode de sortie. Voici l'essentiel, étape par étape.
Combien pouvez-vous déduire de vos impôts ?
Les versements volontaires sur un PER sont, sauf choix contraire de votre part, déduits de votre revenu imposable de l'année du versement. Les sommes issues de l'épargne salariale (intéressement, participation, abondement) et les cotisations obligatoires ne sont pas déductibles, mais elles bénéficient d'autres avantages à la sortie.
L'économie d'impôt dépend de votre tranche marginale d'imposition (TMI). Exemple : une personne célibataire sans enfant, imposée dans la tranche à 30 %, verse 5 000 € sur son PER, dans la limite de son plafond. Son revenu imposable baisse de 5 000 €, soit 1 500 € d'impôt en moins (5 000 × 30 %). Imposée à 11 %, la même personne n'économiserait que 550 €.
Il s'agit en réalité d'un impôt différé : les sommes déduites seront imposées à la sortie. L'avantage reste réel, car votre argent fructifie pendant des années avant d'être imposé, et votre taux d'imposition à la retraite sera souvent plus bas que pendant votre vie active.
Quels sont les plafonds de déduction en 2026 ?
Il n'est pas possible de déduire sans limite : la déduction est plafonnée, et le plafond est commun à tous vos PER (et aux anciens produits d'épargne retraite). Il dépend de votre situation :
| Votre situation | Plafond de déduction des versements 2026 |
|---|---|
| Salarié | 10 % des revenus d'activité 2025 (nets de frais professionnels), dans la limite de 37 680 €, ou 4 710 € si ce montant est plus élevé |
| Sans revenus professionnels (retraité, personne sans activité) | 4 710 € |
| Travailleur indépendant | 10 % du bénéfice imposable dans la limite de 8 PASS, plus 15 % de la fraction comprise entre 1 et 8 PASS, ou 10 % du PASS si ce montant est plus élevé |
| À partir de 70 ans | Versements possibles, mais plus déductibles depuis le 1er janvier 2026 |
Pour un salarié, ce plafond est diminué de certaines cotisations retraite et de l'abondement de l'employeur. Avec un PASS de 48 060 € en 2026, le plafond d'un indépendant peut atteindre environ 88 900 €. Le plus simple est de consulter la rubrique « plafond épargne retraite » de votre avis d'impôt : elle indique le montant exact dont vous disposez.
Reports et mutualisation. Si vous n'avez pas utilisé tout votre plafond une année, la part restante peut être reportée : celle de 2024 jusqu'en 2027, celle de 2025 jusqu'en 2028, et celles générées à partir de 2026 pendant 5 ans. Les couples mariés ou pacsés peuvent aussi mutualiser leurs plafonds, ce qui permet à l'un des deux d'utiliser le plafond inemployé de l'autre.
Comment l'argent est-il imposé à la sortie ?
La fiscalité à la sortie dépend d'abord du type de versement :
- Les versements volontaires : ceux que vous faites vous-même, sur n'importe quel PER, déduits ou non de vos revenus.
- Les versements obligatoires : les cotisations du PER obligatoire.
- L'épargne salariale : participation, intéressement, abondement de l'employeur, droits issus d'un compte épargne-temps, versés sur un PER collectif.
Elle dépend ensuite du mode de sortie : en capital (en une ou plusieurs fois), en rente viagère, ou un mélange des deux. Contrairement à une idée répandue, ce choix se fait au moment de la retraite, et non à l'ouverture du contrat. La seule exception : si vous avez opté de façon irrévocable pour une rente lors d'un versement. Les sommes issues des versements obligatoires sont en principe versées en rente, sauf si celle-ci est très faible (110 € par mois au plus), auquel cas une sortie en capital est possible.
Depuis 2026, les prélèvements sociaux sur les revenus de placement sont de 18,6 %, et le prélèvement forfaitaire unique (PFU) atteint donc 31,4 % (12,8 % d'impôt et 18,6 % de prélèvements sociaux).
La sortie en capital
Vous pouvez récupérer votre épargne en une seule fois au moment de la retraite, ou en plusieurs fois. L'imposition dépend alors de l'origine des sommes :
| Origine des sommes | Part correspondant aux versements | Part correspondant aux gains |
|---|---|---|
| Versements volontaires déduits | Barème de l'impôt sur le revenu, sans abattement de 10 % et sans prélèvements sociaux | PFU de 31,4 % (ou barème sur option) |
| Versements volontaires non déduits | Exonérée | PFU de 31,4 % (ou barème sur option) |
| Épargne salariale | Exonérée d'impôt sur le revenu | Prélèvements sociaux seulement |
La sortie en rente
Vous pouvez aussi transformer votre épargne en rente viagère : vous percevez alors une somme régulière, chaque mois ou chaque trimestre, jusqu'à la fin de votre vie. Voici comment elle est imposée :
| Versements volontaires déduits | Versements volontaires non déduits et épargne salariale | Versements obligatoires |
|---|---|---|
| Imposée comme une pension de retraite : barème de l'impôt sur le revenu après abattement de 10 % (plafonné), plus prélèvements sociaux sur une fraction de la rente | Régime des rentes viagères à titre onéreux : seule une fraction de la rente est imposable, de 70 % à 30 % selon votre âge au premier versement, plus prélèvements sociaux sur cette fraction | Imposée comme une pension de retraite : barème après abattement de 10 %, plus prélèvements sociaux |
Bon à savoir : une sortie en capital en une seule fois peut faire grimper votre revenu imposable de l'année et vous faire passer dans une tranche plus élevée. Beaucoup de contrats permettent une sortie en capital fractionnée sur plusieurs années, ce qui étale l'imposition et limite souvent la note.
Exemple : vous avez déduit 60 000 € de versements au fil des années et votre PER vaut 90 000 € au moment de la retraite. En sortant tout en capital la même année, les 60 000 € s'ajoutent à vos autres revenus imposables et les 30 000 € de gains sont soumis au PFU. En étalant les retraits sur cinq ans, vous ajoutez environ 12 000 € de versements par an à vos revenus, ce qui peut vous maintenir dans une tranche plus basse.
Déduire ou ne pas déduire ses versements ?
La déduction est d'autant plus intéressante que votre TMI est élevée. Mais si vous êtes peu ou pas imposable, elle ne vous rapporte rien, ou presque. C'est pourquoi vous pouvez renoncer à la déduction au moment de chaque versement, et bénéficier en échange d'une fiscalité plus douce à la sortie :
- en cas de sortie en capital, seuls les gains sont imposés, au PFU de 31,4 % (ou au barème sur option) ; la part correspondant à vos versements est exonérée ;
- en cas de sortie en rente, la rente suit le régime des rentes viagères à titre onéreux : seule une fraction est imposable, d'autant plus faible que vous êtes âgé au premier versement de la rente.
En résumé : la déduction est généralement intéressante si votre TMI est de 30 % ou plus aujourd'hui et sera plus basse à la retraite. Elle l'est beaucoup moins si vous n'êtes pas imposable ou si vous pensez être imposé au même taux plus tard.
Que devient le PER en cas de décès ?
Le PER présente aussi un intérêt pour la transmission. Pour un PER assurantiel, les sommes sont versées aux bénéficiaires désignés et suivent des règles proches de l'assurance-vie : si le décès survient avant 70 ans, chaque bénéficiaire profite d'un abattement de 152 500 € ; après 70 ans, les versements entrent dans les droits de succession après un abattement global de 30 500 €. Le conjoint ou partenaire de Pacs est exonéré. Un PER bancaire est, lui, intégré à la succession. Pour aller plus loin, consultez notre article pour préparer sa succession de son vivant.
Quels sont les avantages et les inconvénients du PER ?
| Avantages | Inconvénients |
|---|---|
| Versements volontaires déductibles du revenu imposable, dans la limite d'un plafond | Épargne bloquée jusqu'à la retraite, sauf cas de déblocage anticipé |
| Choix entre capital, rente ou les deux au moment de la retraite | Imposition parfois importante à la sortie, selon votre TMI et le choix de déduire |
| Déblocage anticipé possible, notamment pour l'achat de la résidence principale | Déduction sans intérêt si vous n'êtes pas imposable |
| Gestion libre, pilotée ou à horizon selon les contrats | Frais très variables d'un contrat à l'autre |
| Ouverture possible pour un enfant, plusieurs PER autorisés | Plus de déduction pour les versements effectués après 70 ans |
| Cadre favorable pour la transmission (PER assurantiel) | Unités de compte sans garantie en capital |
Vous cotisez déjà pour la retraite : pourquoi ouvrir un PER ?
Vous vous demandez peut-être pourquoi épargner pour vos vieux jours alors que vous cotisez déjà, chaque mois, aux régimes de retraite obligatoires. La réponse tient en un mot : le complément.
D'abord, la pension de retraite est en général nettement inférieure au dernier salaire. L'écart varie selon les carrières, mais il se traduit souvent par une baisse sensible du niveau de vie au moment du départ. Une épargne constituée pendant la vie active permet d'amortir ce changement.
Ensuite, les règles des régimes de retraite évoluent régulièrement : âge de départ, durée de cotisation, mode de calcul des pensions. Personne ne peut dire avec certitude ce que sera le système dans vingt ou trente ans. Le fait que l'État ait réformé l'épargne retraite pour encourager chacun à épargner de son côté va dans ce sens.
Mettre de côté est donc utile, à la fois pour moins dépendre des seules pensions et pour préserver votre qualité de vie. Cela peut passer par un PER, mais pas uniquement : assurance-vie, PEA, immobilier ou épargne de précaution sont d'autres outils. Pour une vision d'ensemble, consultez notre article sur la préparation financière de la retraite.
PER ou assurance-vie : lequel privilégier ?
L'assurance-vie reste le placement préféré des Français, et pour de bonnes raisons, à condition de choisir un bon contrat. Les deux produits se ressemblent par leurs supports, mais leurs objectifs diffèrent :
| PER | Assurance-vie | |
|---|---|---|
| Disponibilité | Bloqué jusqu'à la retraite, sauf cas prévus par la loi | Disponible à tout moment |
| Avantage à l'entrée | Versements déductibles du revenu imposable | Aucun |
| Fiscalité à la sortie | Versements déduits imposés au barème, gains au PFU | Seuls les gains sont imposés, avec un abattement annuel après 8 ans |
| Prélèvements sociaux sur les gains | 18,6 % | 17,2 % |
| Pour qui | Contribuables à TMI élevée qui préparent leur retraite | Tous les épargnants, pour des projets à moyen et long terme |
Tout dépend donc de vos objectifs, de votre fiscalité et de votre besoin de disponibilité. Rien ne vous empêche d'utiliser les deux, bien au contraire : beaucoup d'épargnants versent sur un PER dans la limite de leur plafond pour réduire leur impôt, puis placent le reste sur une assurance-vie ou un PEA.
Certains services, comme Ramify, proposent d'investir à la fois sur une assurance-vie et un PER, et indiquent quelle répartition semble la plus avantageuse fiscalement selon votre situation.
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Quels PER regarder et comment choisir ?
Bien choisir son PER est essentiel : sur un placement aussi long, la qualité du contrat fait une vraie différence. Avant d'ouvrir un contrat, comparez au moins ces critères :
- Les frais : sur versement, de gestion annuelle, d'arbitrage et de gestion pilotée.
- La qualité du fonds en euros et son historique de rendement.
- Le choix et la qualité des unités de compte, notamment la présence d'ETF peu coûteux, de supports immobiliers ou de capital-investissement.
- Les modes de gestion proposés (libre, pilotée, à horizon, combinaison des deux).
- Le montant minimum à l'ouverture et pour les versements programmés.
- La possibilité de tout gérer en ligne.
Nos critères sont détaillés dans l'article comment choisir son PER. Voici, à titre d'exemples, trois PER distribués en ligne. Leurs conditions (frais, minimum, supports) évoluent : vérifiez-les sur le site de chaque distributeur avant de souscrire.
- Linxea Spirit PER, du courtier Linxea, en gestion libre ou pilotée ;
- Ramify, spécialisé dans la gestion pilotée ;
- le PER Placement-direct, au large choix de supports.
Linxea Spirit PER
Le courtier en ligne Linxea, spécialisé dans l'assurance-vie et l'épargne retraite, distribue le Linxea Spirit PER. Le contrat se distingue par l'absence de frais sur versement et d'arbitrage selon la documentation du courtier, et par une large sélection d'unités de compte : ETF, supports immobiliers comme des SCPI, et capital-investissement.
Vous pouvez y placer votre argent en gestion libre, en gestion pilotée ou en combinant les deux. L'ouverture et la gestion se font entièrement en ligne. Un montant minimum est demandé à l'ouverture : il est indiqué sur le site.
Ramify
Ramify est une entreprise de gestion de patrimoine en ligne qui gère votre épargne à votre place, en gestion pilotée, sur une assurance-vie et un PER. Après un questionnaire sur votre situation et vos objectifs, elle vous propose une allocation et une répartition entre assurance-vie et PER en tenant compte de votre fiscalité.
Elle s'adresse plutôt à ceux qui ne veulent pas gérer eux-mêmes leurs placements. Un montant minimum d'investissement est demandé, et des frais de gestion pilotée s'ajoutent à ceux du contrat : consultez la grille tarifaire avant de vous engager.
PER Placement-direct
Placement-direct est un courtier en ligne qui distribue des contrats d'assurance-vie et un PER. Son PER se distingue par un univers d'investissement très large en gestion libre, qui comprend de nombreux ETF, et par des frais réduits : selon le distributeur, ni frais de dossier, ni frais sur versement, ni frais d'arbitrage. Le niveau des frais de gestion annuels est indiqué sur son site.
Le fonds en euros peut bénéficier d'un bonus de rendement sous conditions, en général liées à la part investie en unités de compte. Vérifiez sur le site les modalités de gestion en ligne, qui ont longtemps été plus limitées que chez certains concurrents.
Tout investissement comporte un risque de perte en capital. Les unités de compte ne sont pas garanties et leur valeur peut baisser.
Questions fréquentes
Peut-on avoir plusieurs PER ?
Oui. Vous pouvez détenir plusieurs PER individuels en plus de ceux de votre entreprise. Le plafond de déduction reste toutefois unique et commun à tous vos contrats.
Peut-on ouvrir un PER après 70 ans ?
Oui, mais depuis le 1er janvier 2026, les versements effectués après 70 ans ne sont plus déductibles du revenu imposable. L'intérêt fiscal est donc nettement réduit.
Peut-on transférer son PER ?
Oui. Le transfert d'un PER individuel est gratuit après 5 ans de détention ; avant, les frais sont limités à 1 % de l'épargne. Le gestionnaire dispose de deux mois pour l'effectuer.
Le PER est-il intéressant si l'on n'est pas imposable ?
La déduction n'apporte rien si vous ne payez pas d'impôt sur le revenu. Si vous souhaitez malgré tout épargner pour la retraite sur un PER, renoncer à la déduction allège la fiscalité à la sortie. Une assurance-vie, disponible à tout moment, peut aussi être plus adaptée.
Doit-on choisir entre capital et rente dès l'ouverture ?
Non. Pour les versements volontaires et l'épargne salariale, le choix se fait au moment de la retraite, sauf si vous avez opté de façon irrévocable pour la rente. Vous pouvez aussi combiner les deux.
Avant votre prochain versement, vérifiez votre plafond sur votre avis d'impôt et estimez votre gain selon votre tranche. Pour d'autres leviers, consultez notre article sur les moyens légaux de réduire vos impôts, ainsi que la fiche officielle sur le PER de Service-Public.
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